Le-Libellio-d-Volume-9-numéro-2-Eté-2013

Résumé

Trop de travaux de recherche se caractérisent par la banalité de leurs conclusions, liée souvent à une méthode flottante. Oublions-les. À nouveau dans ce numéro, des discussions de livres importants, ce qui est l’une des raisons d’être du Libellio. Celui de Colin Mayer, qui prolonge le débat essentiel sur l’entreprise, lancé avec l’ouvrage de Blanche Segrestin et Armand Hatchuel ; l’ouvrage de Rodolphe Durand sur la désorganisation du monde ; celui de Catherine Fisk sur l’émergence de la propriété intellectuelle ; le livre, enfin, de Vincent Descombes sur les embarras de l’identité. À nouveau de la méthodologie, avec une réflexion sur les notions de cas et d’étude de cas. D’autres comptes rendus de séminaires aussi, à propos des alliances entre ONG et entreprises, et des pulsations du capitalisme français ; celui d’un débat qui s’est tenu à Cerisy entre Antoine Frérot, président-directeur général de Veolia Environnement, et Francis Mer, vice-président de Safran et ancien ministre. Consacré à la crise de l’entreprise, il forme un diptyque avec le texte sur le livre de Colin Mayer. Madrid constitue la toile de fond de ce numéro. Y vécut Francisco de Quevedo, dans une rue qui porte désormais son nom, à quelques pas de celle où mourut Cervantes, l’actuelle Calle de las Huertas. Borges note qu’il fut un penseur banal et sans méthode, mais un styliste rare. En témoignent ces vers parfaits, inégalables, sur un effet de chiasme et de répétition, l’éternité d’un amour si intense qu’il continue d’animer l’être qui l’éprouva bien après qu’il n’est plus que quelques grains de poussière. Cette image étant la reprise créative d’un passage de Properce (19e élégie, Livre I). S’opposant au style recherché à l’excès de son rival Gongora, Quevedo visait à la puissance de la simplicité et à la signification multiple. Myope, il a été le premier à s’être fait représenter avec des lunettes, par désir de se distinguer sans doute. Depuis cette époque, quevedos désigne les lorgnons en espagnol. Mais cessons les discours pour laisser place à la lecture : « Dieu t’épargne, lecteur, les longues préfaces ! », soupire aussi fort justement Quevedo.

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